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Londres 2012 – Chabal teste les JO au fleuret

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Petite tentative en escrime pour Sébastien Chabal avant son match d’exhibition à Sydney… ;-)

Olympian mentor for 12 Singapore fencers

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Source : channelnewsasia.com | by Monica Kotwani | posted: 03 December 2011

London 2012

SOS…

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London 2012J’ai le bonheur d’avoir connu l’équipe de France d’escrime à son apogée. Mais à présent, je suis inquiet.
Nous ne faisons plus peur, nous ne surprenons plus. Ou plutôt si, nous nous surprenons à perdre des matchs largement à notre portée. Avec en prime le sentiment de ne pas avoir livré le combat attendu ou pire d’avoir frôlé le « hors sujet ».

Où est passée cette force, cette aura, que de nombreuses grandes nations de l’escrime nous enviaient ?

Il règne sur les équipes de France une forme de lourdeur. La qualification olympique a commencé et avec elle semble s’être abattu un poids sur nos épaules. Les esprits des entraîneurs, eux aussi, semblent parasités, tendus… C’est comme si la peur d’une non qualification diffusait à travers les différentes strates de notre « collectif », et irradiait les athlètes d’ondes négatives.

Nous perdons peu à peu le sens du mot sérénité. Nous subissons. Nous trahissons notre âme aussi, nous jouons moins. Ça ne rigole plus… « Sérieux » est devenu le nouveau mot d’ordre, pour se protéger, ne pas se louper, ou peut être par peur d’être jugé.

Compétition après compétition, chaque arme – avec ses athlètes et son entraîneur – cherche sa voie. Une fois la journée terminée, on fait les comptes, on remet en question, on juge : l’entraîneur, l’entraînement, les athlètes, leur mental et leur combativité, l’état d’esprit général, etc. De retour à l’INSEP, c’est la même histoire : les ajustements se font au jour le jour sans prendre suffisamment de hauteur ni tenter de réfléchir à une approche globale. Chacun dans sa salle espérant que la prochaine compétition sera celle de la délivrance. Mais les bonnes surprises se font rares et en cas d’insuccès la norme est hélas souvent le délaissement et l’isolement. Et la pression sur les athlètes n’en est que plus forte.

Stop, il est temps de donner une place de choix à la notion de management des équipes, de s’inscrire dans une démarche stimulante et motivante visant à harmoniser le collectif et optimiser la performance.

 

Quelles solutions alors ? Comment retrouver sérénité, créativité, esprit du jeu et goût du risque ?

  • Changeons nos habitudes, soyons curieux et dans la recherche afin d’alimenter notre créativité.
  • Ouvrons-nous aux autres, échangeons avec les athlètes et entraîneurs d’autres sports, d’autres nationalités ; favorisons le partage d’expérience.
  • Concilions perspective à long terme (ie la qualification olympique) et réalisme (ie gagner des médailles dès les prochains championnats).
  • Cassons le confort et la routine : en mutualisant les entraînements avec et entre toutes les armes, dans le cadre d’une base commune de préparation physique par exemple ; ou en pratiquant d’autres sports de combat pour endurcir notre état d’esprit.
  • Faisons preuve de souplesse et patience afin de renforcer notre capacité d’adaptation aux imprévus.
  • Valorisons nos points forts, nourrissons nous de confiance et de valeurs positives.
  • Enfin et surtout, plaçons l’humain au cœur de notre projet, démocratisons l’individualisation de l’entraînement, en considérant l’athlète dans son ensemble (vie sportive, professionnelle ou étudiante, et privée).

Dans une perspective à plus court terme, pourquoi ne pas s’appuyer sur l’expérience d’anciens sportifs : SOS… Il nous manque un capitaine. Un homme, une femme, qui nous apporterait sérénité et légèreté. Une force tranquille, libre, rayonnante d’énergie.

A y réfléchir, nous en connaissons. L’escrime les a révélés. Je pense à des champions comme Fabrice Jeannet, Adeline Wuillème.

Leur rôle pourrait être ponctuel en amont ou lors d’un grand rendez-vous. Leurs initiatives pourraient être animer, motiver, soutenir, rassembler les athlètes et leurs entraîneurs, et ce afin de ramener fraîcheur et spontanéité dans les échanges. Favorisant le partage au sein de la délégation, leur présence diminuerait le cloisonnement entre athlètes, entraîneurs, staff fédéral et médical. L’idée est de renforcer notre collectif et retrouver un véritable esprit d’équipe.

Ces personnalités bénéficient de 2 avantages certains :

  • Ils sont suffisamment proches de nous pour être à l’écoute et nous comprendre.
  • Ils sont désormais détachés de la vie fédérale et de tout lien de subordination qui pourrait orienter leurs actions et susciter de quelconques conflits d’intérêts.

 

Il n’y a pas de recette miracle, je le sais. D’autres moyens d’actions sont possibles. Mais ce genre d’initiative ne contribuerait-elle pas à la remise en question qu’il nous est encore temps de mener ?

Fab, Didine, qu’en pensez-vous ? Et vous frères et sœurs d’armes ?

Phrase d’armes

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Ce court métrage propose un regard sur la notion de phrase d’armes en escrime, ou « conversation » pourrait-on dire…

On y retrouve une démonstration de Lucien Gaudin en compagnie de son maître d’armes Lucien Mérignac au milieu des années 20. Puis une reproduction de cet échange réalisée par l’entraîneur national actuel du fleuret homme, Stéphane Marcelin, et moi même.

Ces séquences alternent avec un dialogue entre deux comédiens déclamant les noms des différentes actions exécutées lors des phrases d’armes précédentes ou encore avec un groupe d’enfants récitant la nomenclature relative à l’escrime.

Ce vidéogramme de 21 min a été diffusé au cours de l’exposition « Coups d’épée et touches de science » au Palais de la Découverte du 05/10/2010 au 09/01/2011.

La reproduction de cette leçon n’est pas si évidente… Cela m’a montré quelques unes de mes limites ! En effet, les gestes de la main effectués par Lucien Gaudin sont très techniques, fluides et relâchés. Les enchainements de parade-ripostes et contre-ripostes – qui constituent ce que l’on appelle « la phrase d’arme » – sont longs et soutenus.

C’est là toute la différence avec l’escrime moderne pratiquée aujourd’hui en compétition ! Nous avons effectivement tendance à abréger les échanges, de façon plus puissante et directe, et cela dans un souci d’efficacité.

Or, j’ai trouvé là un véritable intérêt à élargir mon style de jeu et être au final plus créatif. J’intègre désormais ce genre de travail dans mon entraînement à la leçon.

Alors puissance et explosivité, ou finesse et légèreté ? Je prends le tout…

Production : INSEP Pôle image

Auteur / Réalisateur : Julien Faraut

Les escrimeurs de l'équipe de France lors du gala P'tit Dom

Gala P’tit Dom

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Les escrimeurs de l'équipe de France lors du gala P'tit DomRetour sur le gala d’escrime, au profit de l’association « P’tit Dom », organisé le 9 avril dernier à Gradignan.

P’tit Dom est une association qui développe, dans la région Bordelaise, des projets éducatifs pour les enfants autistes. Elle s’appuie sur l’approche ABA (Applied Behavior Analysis) ou analyse appliquée des comportements, visant à réduire les comportements inappropriés et à augmenter la communication, les apprentissages et les comportements sociaux appropriés.

Mais pourquoi modifier, ou apprendre un comportement ? Un enfant autiste n’a pas appris les comportements appropriés car sa perception du monde est différente de la nôtre, et il peut donc adopter des comportements inadaptés en société.

Grâce à P’tit Dom, les enfants sont pris en charge par 2 psychologues entre 2 et 5 demi-journées par semaine. Le reste du temps est consacré à l’intégration scolaire.

A l’occasion du gala, la majorité des tireurs et tireuses de l’équipe de France – toutes armes confondues – était présente. Synopsis du gala :

Les matchs se sont disputés sous forme de relais en 5 touches.

1ère rencontre au fleuret : famille Guyart / Corinne Maitrejean et Thomas Belanger.Brice et Astrid Guyart - Qui est qui ?

2ème rencontre à l’épée : Audrey Descouts / Jeanne Colignon puis Gauthier Grumier / Ulrich Robeiri puis Abajo Jose Luis (Esp) / Fabrice Jeannet (un revenant).

3ème rencontre au sabre : Léonore Perrus / Cecilia Berder puis Julien Pillet / Bolade Apithy puis Nicolas Lopez / Boris Sanson.

Interlude avec un film de présentation des actions réalisées par l’association P’tit Dom.

4ème rencontre « les blondes contre les brunes » : Guyart Colignon Perrus / Maitrejean Descouts Berder.

5ème rencontre « le sud-ouest contre le reste de la France » : Lopez Sanson / Pillet Apithy.

6ème rencontre « les – 30 ans contre les + 30 ans » : Guyart (Astrid) Robieri Grumier / Guyart (Brice) Abajo Jeannet.

7ème rencontre « les + 40 ans » : Rémy Delhomme / Jean-François Di Martino. Ce Brice, Léonore Perrus et Astrid Guyartmatch d’anciens piliers de l’équipe de France d’épée, a en fait été celui de 2 clowns cherchant à terrasser l’autre par n’importe quel moyen. De l’épée de D’Artagnan au sabre laser de Dark Vador, en passant par une course poursuite à la hache façon Benny Hill, il a fallu l’intervention impromptue de Franck Dumoulin – champion olympique de tir aux J.O. de Sydney 2000 – pour mettre fin à ce pugilat d’un coup de pistolet… Très bonne interprétation, assurément bien meilleure qu’au cirque !

Les rencontres étaient cadencées par la musique live rock & folk du groupe bordelais « Madi and the Escorts Boys ».

Avant chaque assaut le public pouvait acheter un ticket de tombola en pariant sur l’équipe gagnante. A la fin de chaque rencontre, un tirage au sort des tickets gagnants avait lieu.

Après le show, direction le château Luchey-Halde, pour un dîner caritatif, au cours duquel de nombreux accessoires et vêtements de sportifs ont été vendus aux enchères. Entre autres, le bonnet de bain de Laure Manaudou, la raquette de tennis d’Henri Leconte, le maillot de foot d’Ulrich Rame, et de nombreuses armes et équipements des escrimeurs de l’équipe de France.

Objectif rempli ! Du spectacle pour le public venu en nombre (plus de 400 personnes), des sourires, de la joie dans les yeux des enfants, et de précieux bénéfices pour l’association P’tit Dom.

Brice - Pékin 2008 - passage en zone presse juste après la fin du match

Je t’aime, moi non plus

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Brice - Pékin 2008 - passage difficile, mais obligatoire, en zone presse juste après la fin du matchCes Mondiaux 2010 ont bénéficié d’une couverture médiatique sans précédent. Effet Grand Palais sans doute. Mais pour les escrimeurs français, peu habitués à être ainsi exposés, le risque de se retrouver la tête sous l’eau était énorme. Certaines contre-performances l’ont montré, me semble-t-il.

Difficile d’affronter les médias sans y être préparé. Je me souviens encore de mon premier succès en Coupe du monde, en 2000 à Paris. Une victoire qui a propulsé le junior que j’étais aux Jeux de Sydney où j’ai ensuite obtenu ma première médaille d’or olympique.

Ce jour-là, j’en ai pris plein la tête ! Photos, micros, caméras… D’un coup, j’étais important. Tout le monde me félicitait, me parlait, me posait des questions. Ils voulaient du « croustillant ». Je devais répondre tout de suite, sans réfléchir.

Rapidement, je me suis senti observé, épié, piégé. Mais avec le temps, j’ai compris que l’exploit n’existe pas dans l’esprit des gens tant qu’il n’est pas relayé médiatiquement. Ce « Je t’aime, moi non plus », un peu pervers, n’est rien d’autre qu’une relation professionnelle où de forts intérêts sont en jeu. Image du sportif d’un côté, objectifs de vente de l’autre. Le décalage est total entre l’athlète exténué, vainqueur ou vaincu, à l’issue de son match et le journaliste avide de petites phrases et toujours pressé.

Pourtant, en tant que lecteur, moi aussi, j’aime connaître les coulisses et le dessous des cartes. Or, si le reporter ne trouve pas sa matière auprès de l’interviewé, il se tournera vers quelqu’un d’autre. Ou, pire parfois, cherchera et trouvera ce qui dérange. Sales polémiques…

Arrêtons donc les phrases toutes faites. Les « J’ai rien lâché », les « J’étais comme sur un nuage », ou les « Demain est un autre jour ». Qui veut encore lire cela ? Mon passage, même furtif, du côté obscur, me l’a confirmé : vivons avec, travaillons en amont, soyons pro, attractifs en somme !

Article du quotidien L’ÉQUIPE du 14-11-2010 | Auteur : Brice

De gauche à droite: Lei Sheng (Chn), Peter Joppich (Ger), Brice, Benjamin Kleibrink (Ger), Yuki Ota (Jpn)

Médaille ou diplôme ?

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De gauche à droite: Lei Sheng (Chn), Peter Joppich (Ger), Brice, Benjamin Kleibrink (Ger), Yuki Ota (Jpn)Les Mondiaux s’achèvent aujourd’hui dans l’écrin du Grand Palais. Cette fête éphémère ne doit pas être un trompe-l’œil. Elle ne doit pas masquer la réalité dans laquelle les escrimeurs vivent au quotidien. Les escrimeurs, mais aussi l’ensemble des sportifs n’appartenant pas au monde du sport business.

Moi, j’ai compris très tôt que je ne vivrais pas de l’escrime. Le « double projet », sport-études, dont les politiques parlent si souvent, je l’ai vécu. Mais en aucun cas choisi. Comme d’autres athlètes de haut niveau, j’ai connu les sandwichs avalés dans le métro entre mes cours et la salle. Et les entraînements galères. J’ai connu aussi les polycopiés et les notes passés par des camarades compréhensifs dans mon école d’ingénieur. Mais pas le choix si l’on veut éviter la « petite mort » en fin de carrière.

Aussi, j’ai souvent envié le sort de certains tireurs étrangers.

En Italie, un escrimeur titré vit de son sport. Médias et sponsors se sont emparés de cette discipline pourvoyeuse de médailles. De plus, la plupart disposent d’un emploi réservé dans l’administration, l’armée ou la police. Issus d’un milieu souvent aisé, ils tirent uniquement par passion.

D’autres voies existent. La Russie ou la Chine, par exemple, ont opté pour un système étatique. La vie du sportif est dédiée à l’entraînement et à la performance. Ils conditionnent sa qualité de vie et celle de toute sa famille. De l’or aux Jeux pour un Russe, c’est 500 000 €. Un zéro de plus qu’en France ! Mais sans résultats, c’est la porte de sortie.

Les Américains, eux, s’appuient sur le secteur privé et leur sport universitaire pour tirer le meilleur de leurs athlètes.

J’ignore où se trouve la formule idéale. Mais si une véritable avancée, en terme d’organisation des études pour les sportifs de haut niveau français, pouvait voir le jour, ce serait la plus belle des médailles d’or.

Article du quotidien L’ÉQUIPE du 13-11-2010 | Auteur : Brice

L'escrime au Grand Palais

Imbroglio au Palais

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L'escrime au Grand PalaisJ’aime mon sport, mais j’avoue ne pas en être trop fier aujourd’hui. Une victoire acquise sportivement et contestée par le perdant en raison d’un point de règlement obscur choque le compétiteur que je suis. Mais la difficulté des responsables de l’escrime internationale à faire face, soudain, à une telle situation m’afflige plus encore. Que s’est-il donc passé hier soir à la fin d’Italie-Chine ? Le Chinois Lei Sheng et l’Italien Andrea Baldini touchent quasi simultanément. L’arbitre doit donner sa décision. Dans l’euphorie, le banc chinois, sûr de la victoire, se précipite vers Lei Sheng. Carton jaune pour envahissement de la piste. Puis l’arbitre accorde la touche.

Colère de l’entraîneur italien Stefano Cerioni qui, s’appuyant sur le règlement, réclame son annulation. Au pied de la lettre, il a peut-être raison. Reste que les minutes passent, l’imbroglio s’épaissit. La réponse finale devrait intervenir aujourd’hui, à la suite d’une contestation officielle italienne. Mais je retiens surtout que cela s’est déroulé sous les caméras de télévision. Image d’un amateurisme désastreux au moment où notre sport se trouve sous le feu des médias.

Je comprends que l’on se batte pour défendre les intérêts de son équipe. C’est le boulot de Cerioni. Mais, à un moment, il aurait pu trouver une sortie honorable en décidant de laisser la victoire aux Chinois. Au lieu de quoi, la mascarade d’hier va sans doute faire l’objet d’un sale “ buzz ” sur le Web. Tout cela parce que personne n’a su dire vite et précisément où était le vrai dans cette affaire.

Au final, les retransmissions télévisées ont pris du retard. France Télévisions a rendu l’antenne sans que le public sache qui avait gagné ou perdu. La série FBI : portés disparus a embrayé. Alors que la médaille du fleuret masculin était, elle aussi, portée disparue.

Article du quotidien L’ÉQUIPE du 12-11-2010 | Auteur : Brice

Andrea Baldini - Italie

Forza Italia !

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Andrea Baldini - ItalieC’est une évidence. Le fleuret italien est fort. Très fort. Trop fort, diront certains. À la fin de chaque compétition majeure, c’est toujours le même hymne qui résonne. Le compétiteur que je suis déteste le reconnaître, mais l’Italie domine tout simplement dans mon arme. Chez les hommes comme chez les femmes. À chaque saison, de nouvelles têtes apparaissent dans la Squadra. Des tireurs juniors et même des cadettes chez les filles. Certains intègrent en une seule saison le top 10 mondial ! Quel est leur secret ?

À l’inverse de ce qui se fait en France, leurs rassemblements d’entraînement regroupent, chaque trimestre, les meilleurs mais aussi des garçons et des filles de tous âges. Certains dont je ne connais même pas le nom !

Au contact de tireurs riches de multiples titres internationaux et médailles olympiques, comme Valentina Vezzali ou Salvatore Sanzo, ils apprennent très vite la réalité du haut niveau. Leur formation s’enrichit dans ce type de rassemblements décloisonnés, mais aussi grâce à la gestion de leur circuit de compétitions nationales.

Contrairement à nous, là encore, les Italiens organisent peu de compétitions dans les petites catégories. Ils mettent avant tout l’accent sur la maîtrise d’une très large palette technique. En France, j’ai le sentiment que nous nous dépêchons d’enseigner trois ou quatre coups efficaces aux jeunes. Ils brillent tôt, mais c’est souvent sans lendemain. Le passage chez les seniors est parfois brutal et les conséquences peuvent être durables. En 2007 à La Havane, lors d’une Coupe du monde qualificative pour les Jeux de Pékin, j’arrive en demi-finales, persuadé d’être affûté. J’affronte Andrea Baldini. Je connais bien les erreurs techniques à éviter. Cauchemar ! Il m’inflige un véritable récital. Je me sens totalement à la rue. Andrea me bat 15-3 !

Invincibles, ces Italiens ? Sans doute pas, mais à condition de débrancher parfois son cerveau et s’abandonner à son instinct. Accepter la baston. Le plaisir du jeu en somme.

Article du quotidien L’ÉQUIPE du 11-11-2010 | Auteur : Brice

Valentina Vezzali exulte après avoir mis la dernière touche

C’est qui le taulier ?

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Valentina Vezzali exulte après avoir mis la dernière toucheL’équipe lui pardonnera toutes ses défaillances. À condition de porter la dernière touche. S’il échoue, on oubliera tous ses bons relais avant ! Le collectif tout entier fait monter le score jusqu’à quarante-quatre. Mais la quarante-cinquième, l’ultime, c’est celle du taulier. Mettre la dernière, c’est son devoir !

Le profil type du finisseur ? Il n’y en a pas. En tout cas, ce n’est pas forcément le meilleur tireur. Exemple : Championnats du monde à Nîmes en 2001. Un vieux briscard médaillé aux Jeux d’Atlanta 1996 (Franck Boidin), un soliste flamboyant (Jean-Noël Ferrari), le numéro 1 français de l’époque (Loïc Attelly) et puis un gamin de vingt et un ans tout juste sorti des juniors. Le finisseur ? Le jeune poulet !

Pourquoi l’entraîneur Patrice Menon me confie-t-il alors ce rôle lors de la demi-finale contre l’Allemagne ? À cause de mon insouciance peut-être. À quarante-quatre partout, j’ai une petite seconde pour puiser espoir, énergie et rage dans les regards des copains sur le banc. Je me mets en garde. Venue des tribunes, j’entends une voix : “ Il va descendre la main ! Donne, retire tout. ” Et pan ! C’est la voix de Patrice Lhotellier, coéquipier décisif aux Jeux de Sydney en 2000 quand nous avons obtenu l’or. À ce moment, pas de place pour le doute. Ma confiance en lui et mon instinct guident ma décision. “ Je vais la mettre. ” C’est clair dans ma tête. “ En garde ! ” “ Prêt ? ” “ Allez ! ” La quarante-cinquième est rouge. J’ai gagné. On a gagné.

Hier à Paris : les sabreurs français, champions olympiques à Pékin en 2008, et leur finisseur incontournable Nicolas Lopez. À quarante-quatre, face à la Biélorussie, il connaît sa mission et le rôle implacable du taulier. Qu’a-t-il manqué à “ Nico ” ? Difficile à dire. Un choix d’action judicieux, une voix, un zeste de rage, un brin de légèreté… C’est un finisseur triste et essoufflé qui, plus tard, s’est présenté devant micros et caméras. Avec l’image de celui qui, cette fois, s’est arrêté à quarante-quatre.

Article du quotidien L’ÉQUIPE du 10-11-2010 | Auteur : Brice

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