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Le CIP 2012 vu par L’ÉQUIPE
0Source : L’ÉQUIPE
Rédacteur : Aurélien Bouisset
> Article du 28 janvier 2012 : « On n’est pas grand chose » BRICE GUYART, double champion olympique, éliminé en qualifications hier à Paris, cherche à se réinventer pour revoir les JO.
> Article du 29 janvier 2012 : « Une thérapie collective » Au fond du gouffre après les Mondiaux 2010 à Paris, le fleuret français s’est retrouvé grâce à ses vieux grognards.
> Article du 29 janvier 2012 : « Les Bleus dans l’embouteillage » Surpris en quarts de finale, les vice-champions du monde du fleuret, cinquièmes, voient la course aux JO se resserrer.
Des gars vraiment bien
1Source : http://www.escrime-ffe.fr
Rédacteur : Denis Goran Colovic
L’équipe de France de fleuret hommes a remporté la médaille d’argent à Sheffield, mettant ainsi fin à quatre années de disette. Entretien avec les vice-champions d’Europe 2011.
C’est une bande de potes. Vous savez le genre de gars avec qui vous avez envie de passer du temps, boire un verre ou déconner. Attablés au restaurant du Mercure, ils passent leur journée en revue tout en sirotant une coupe de champagne. Je m’avance. Ils m’accueillent, en toute simplicité.
Erwann, Victor et Marcel font de Brice leur porte-parole. Le double champion olympique cherche ses mots, trouve la bonne formule : « Notre équipe a de la gueule et notre médaille n’en a pas moins » ! (Référence à l’article de la sélection officielle, Ndlr)
« Aujourd’hui, nous étions en confiance, poursuit Brice. Une confiance réciproque avec le maître. Il n’y avait que des gens positifs autour de nous. Ça fait du bien ». Marcel prend la parole : « La course à la qualification olympique, on l’a mise de côté, on n’y a pas pensé du tout ». Victor enchaîne : « On voulait sortir de cette atmosphère de pression qui pèse sur chacun de nous. Enlever cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes ».
L’article sur la course à la qualification olympique n’a pas été apprécié dans les rangs des escrimeurs, loin s’en faut. Les fleurettistes le soulignent, mais ne s’attardent pas.
« Le but de notre sport, c’est de chercher des médailles », dit Brice. « Et quatre ans sans médaille, c’est long » fait remarquer Erwann. Brice reprend : « Dans notre délire, on avait prévu de faire les idiots sur le podium (voir photo ci-dessous). Mais encore fallait-il y être ! Pas besoin de se prendre au sérieux pour être pro » ! Le poncif était inévitable, mais il résume parfaitement l’état d’esprit collectif.
La clef, c’est la confiance
Un collectif qui croit en ses capacités car personne, au sein de ce groupe, n’a oublié les années fastes. Les trois titres mondiaux obtenus de 2005 à 2007. Á l’époque, la France dominait la planète fleuret, comme l’Italie le fait aujourd’hui. « Les Italiens ont la confiance qu’on avait en 2007 », remarque Erwann. « Pour retrouver notre niveau de 2007, il suffit de gagner toutes les compèts » dit Victor. Dit ainsi, ça semble simple.
Pour ce faire, le groupe doit avoir une confiance inébranlable. « Ça fait un moment qu’on sent que ça peut le faire, avance Brice. On a pris le temps de se parler, de s’écouter ». « Le maître a souligné nos points faibles et nos points forts. Ça fait du bien de savoir qu’on a confiance en toi, même si certains mots étaient durs », confie Marcel.
Brice ajoute : « On a ressenti la confiance du maître, il y a eu beaucoup de remise en question. Tout le monde a fait plus d’un pas vers l’autre ». Puis il a cette formule qui en dit long sur le ciment qui les lie : « de quatre égos, tu passes à un seul, collectif et solidaire ».
Marcel note : « Beaucoup de gens ont pensé qu’on n’y arriverait plus. Notre statut a changé, le regard des gens aussi. Nous, on a continué à se faire confiance ». Brice poursuit : « On a montré aujourd’hui que les choix étaient les bons. Le coaching était parfait, la tactique bonne ». Victor ajoute : « Il nous faut poursuivre dans cet état d’esprit ».
Oui, suivre la route ensemble les gars, unis et solidaires. Jusqu’à Londres.
Pour avoir le droit de délirer sur le podium, les fleurettistes devaient d’abord l’atteindre.
C’est chose faite avec cette belle médaille d’argent obtenue après 4 années de disette.
Photos : Fred Porcu / Icon Sport
Fleuret hommes, la sélection pour Sheffield et Catane
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Blessure de guerre
1J’ai mal… Aujourd’hui se sont déroulés les championnats de France de fleuret par équipe à Valence. Juste après la fin de nos matchs, j’ai quitté précipitamment la salle et suis rentré en TGV, direction Paris. A l’arrivée : le RER, ses couloirs austères et ses escalators en pannes. Et moi seul, boitant avec mes armes dans la housse. Comme un guerrier meurtri après une bataille sans cause et sans gloire, celle de trop en somme.
Avec notre équipe du Lagardère Paris Racing, nous avons gagné nos 3 matchs. Génial ! Pas évident… Nous ne sommes pas 1er, nous finissons 5ème de Nationale 1. Nous étions uniquement là pour des matchs de classement entre la 5ème et la 8ème place. Ça c’est du sport ! S’engager sur une journée de compétition tout en sachant que mathématiquement on ne peut pas la gagner, vraiment là je ne vois pas le projet…
J’ai mal. Ce sont mes premiers mots. Dans ce contexte, plus qu’aberrant, l’objectif pour moi était de rechercher du plaisir avant tout. Pas le plaisir de la victoire, vous l’aurez compris, mais le plaisir du jeu. Le jeu avec et contre l’autre.
Aujourd’hui j’ai atteint cet objectif. J’ai eu la sensation d’être détendu, relâché, aérien et léger. Et au fond de moi surtout très joueur.
Mais voilà, l’épée de Damoclès est tombée. Sur mon avant dernier relai de la journée, lors d’une phase d’attaque, la douleur est survenue. Mesquine et sourde, fidèle à son caractère originel… Je sens la légèreté me quitter. Adducteurs de la cuisse gauche touchés. Dommage, il me restait un dernier match contre Patrice Lhotellier, 11 ans après notre médaille d’or gagnée ensemble aux J.O. de Sydney 2000.
J’entends ça et là : « Ne t’inquiète pas, c’est sûrement une contracture, tu n’as pas pu te déchirer comme ça… » Je ne peux écouter. La sentence tombera demain, noir sur blanc, via le diagnostic fidèle de l’écran « minitelisé » de l’appareil d’échographie.
J’ai mal. Ce sont mes premiers mots. Je suis mal. Ce sont mes derniers maux…








