Demain est un autre jour...Après une journée décevante, quel peut être l’impact sur les autres tireurs venus encourager les copains ? La défaite de coéquipiers, notamment de certains piliers, effraye souvent. Et ouvre la place au doute chez ceux qui sont encore en lice.

Pour l’avoir déjà ressenti, la psychose du « si lui ou elle a échoué, cela pourrait bien m’arriver aussi », vient automatiquement à l’esprit. Si on ajoute à cela l’appréhension du championnat à la maison, il y a de quoi être tétanisé.

Les plus expérimentés auront repéré les fautes à éviter pour ne pas revivre l’échec de leurs camarades. Et sauront laisser éclater leur révolte : « Pas le choix, je dois tout lâcher ! »

Instinctivement, je serais aussi aller échanger avec les déçus. Dans ce contexte si particulier du Grand Palais, comment ont-ils géré la luminosité, le vide au-dessus de leurs têtes ? J’aurais aimé qu’ils m’expriment leur ressenti quand ils sont entrés sur la piste. Car je n’aurais pas pu me mentir en minimisant la grandeur du lieu.

Certains choisiront l’option du « demain est un autre jour ». Je déteste cette phrase. Elle est stérile. Car elle sous-entend un jour meilleur à venir, sans vouloir traiter le problème. Mais oublier, ou plutôt masquer sa déception, n’est pas si simple.

Même si le tireur est seul maître de ses émotions, le staff peut jouer un rôle déterminant et aider à briser la spirale négative. Mais lui ne doit pas montrer son éventuel sentiment d’impuissance. L’athlète avant son épreuve a besoin d’un accompagnement positif, d’une impulsion pour gagner ou regagner en sérénité et en confiance.

Le masque sur les visages, la déception, doit s’effacer le plus rapidement possible. Quoi de plus déstabilisant pour un athlète qui entre en lice face au regard inquiet d’un membre de l’encadrement ?

Facile pourrait-on dire, c’est du management ! C’est bien plus complexe, car le sport et ses enjeux décuplent les passions et les émotions. Difficile de les maîtriser et de les faire disparaître…

Article du quotidien L’ÉQUIPE du 07-11-2010 | Auteur : Brice