Guyart (FRA) vs Choi (KOR) - Shanghai 2011 - S. Timacheff / FencingPhotos.com

Guyart (FRA) vs Choi (KOR) - Shanghai 2011 - S. Timacheff / www.FencingPhotos.com

J’ai mal… Aujourd’hui se sont déroulés les championnats de France de fleuret par équipe à Valence. Juste après la fin de nos matchs, j’ai quitté précipitamment la salle et suis rentré en TGV, direction Paris. A l’arrivée : le RER, ses couloirs austères et ses escalators en pannes. Et moi seul, boitant avec mes armes dans la housse. Comme un guerrier meurtri après une bataille sans cause et sans gloire, celle de trop en somme.

Avec notre équipe du Lagardère Paris Racing, nous avons gagné nos 3 matchs. Génial ! Pas évident… Nous ne sommes pas 1er, nous finissons 5ème de Nationale 1. Nous étions uniquement là pour des matchs de classement entre la 5ème et la 8ème place. Ça c’est du sport ! S’engager sur une journée de compétition tout en sachant que mathématiquement on ne peut pas la gagner, vraiment là je ne vois pas le projet…

J’ai mal. Ce sont mes premiers mots. Dans ce contexte, plus qu’aberrant, l’objectif pour moi était de rechercher du plaisir avant tout. Pas le plaisir de la victoire, vous l’aurez compris, mais le plaisir du jeu. Le jeu avec et contre l’autre.

Aujourd’hui j’ai atteint cet objectif. J’ai eu la sensation d’être détendu, relâché, aérien et léger. Et au fond de moi surtout très joueur.

Mais voilà, l’épée de Damoclès est tombée. Sur mon avant dernier relai de la journée, lors d’une phase d’attaque, la douleur est survenue. Mesquine et sourde, fidèle à son caractère originel… Je sens la légèreté me quitter. Adducteurs de la cuisse gauche touchés. Dommage, il me restait un dernier match contre Patrice Lhotellier, 11 ans après notre médaille d’or gagnée ensemble aux J.O. de Sydney 2000.

J’entends ça et là : « Ne t’inquiète pas, c’est sûrement une contracture, tu n’as pas pu te déchirer comme ça… » Je ne peux écouter. La sentence tombera demain, noir sur blanc, via le diagnostic fidèle de l’écran « minitelisé » de l’appareil d’échographie.

J’ai mal. Ce sont mes premiers mots. Je suis mal. Ce sont mes derniers maux…