L'escrime au Grand PalaisJ’aime mon sport, mais j’avoue ne pas en être trop fier aujourd’hui. Une victoire acquise sportivement et contestée par le perdant en raison d’un point de règlement obscur choque le compétiteur que je suis. Mais la difficulté des responsables de l’escrime internationale à faire face, soudain, à une telle situation m’afflige plus encore. Que s’est-il donc passé hier soir à la fin d’Italie-Chine ? Le Chinois Lei Sheng et l’Italien Andrea Baldini touchent quasi simultanément. L’arbitre doit donner sa décision. Dans l’euphorie, le banc chinois, sûr de la victoire, se précipite vers Lei Sheng. Carton jaune pour envahissement de la piste. Puis l’arbitre accorde la touche.

Colère de l’entraîneur italien Stefano Cerioni qui, s’appuyant sur le règlement, réclame son annulation. Au pied de la lettre, il a peut-être raison. Reste que les minutes passent, l’imbroglio s’épaissit. La réponse finale devrait intervenir aujourd’hui, à la suite d’une contestation officielle italienne. Mais je retiens surtout que cela s’est déroulé sous les caméras de télévision. Image d’un amateurisme désastreux au moment où notre sport se trouve sous le feu des médias.

Je comprends que l’on se batte pour défendre les intérêts de son équipe. C’est le boulot de Cerioni. Mais, à un moment, il aurait pu trouver une sortie honorable en décidant de laisser la victoire aux Chinois. Au lieu de quoi, la mascarade d’hier va sans doute faire l’objet d’un sale “ buzz ” sur le Web. Tout cela parce que personne n’a su dire vite et précisément où était le vrai dans cette affaire.

Au final, les retransmissions télévisées ont pris du retard. France Télévisions a rendu l’antenne sans que le public sache qui avait gagné ou perdu. La série FBI : portés disparus a embrayé. Alors que la médaille du fleuret masculin était, elle aussi, portée disparue.

Article du quotidien L’ÉQUIPE du 12-11-2010 | Auteur : Brice