Gagner à l’infini
Quatre titres mondiaux pour Peter Joppich. Et peut-être trois pour Laura Flessel, ce soir. C’est monstrueux ! J’ai toujours été surpris par la capacité de certains tireurs à entretenir et surtout à renouveler leur motivation tout au long de leur carrière. Pour ma part, après mon titre olympique individuel en 2004, j’ai traversé une longue période de blues. Plus envie de souffrir à l’entraînement. Plus envie d’escrime. Plus envie de gagner. Juste le désir de prolonger ce rêve que je venais de réaliser.
J’ai donc menti. Et je me suis menti à moi-même. Impossible d’accepter l’idée de ne plus avoir envie de gagner. J’aimerais tellement partager le secret de ces champions jamais rassasiés. Continuer à rêver d’or, oui. Mais comment faire pour que le quotidien ne se mette pas en travers ?
Tout ce qu’il implique de temps, d’investissement, d’efforts, on l’accepte en début de carrière, quand tout est nouveau, à découvrir et à construire. Mais une fois qu’on est au sommet, ce quotidien peut devenir pesant. Surtout quand le corps commence à dire stop ! Quand il me fallait près d’une heure pour strapper mes genoux au cartilage abîmé, j’ai songé à arrêter. Ce qui sauve ma motivation ? Le fait de chercher ailleurs, de trouver dans la boxe, par exemple, une autre forme de préparation physique que je tente d’adapter à mon jeu d’escrimeur. Après tout, peut-être est-ce là le secret : savoir ajouter une dose de qualitatif et de ludique dans la nécessaire rigueur de l’entraînement. Et redécouvrir le plaisir de jouer, pour retrouver celui de vaincre. À sa façon, Laura a su négocier ce virage, en adaptant son jeu et ses ambitions pour faire de ces Mondiaux à Paris un nouveau défi à la taille de la « Guêpe » !
Article du quotidien L’ÉQUIPE du 08-11-2010 | Auteur : Brice




oui j’étais là très belle victoire!