compétitions

De gauche à droite : Stéphane Marcelin, Marcel Marcilloux, Victor Sintes et Erwann Le Pechoux

Le CIP 2012 vu par L’ÉQUIPE

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De gauche à droite : Stéphane Marcelin, Marcel Marcilloux, Victor Sintes et Erwann Le Pechoux

Source : L’ÉQUIPE
Rédacteur : Aurélien Bouisset

> Article du 28 janvier 2012 : « On n’est pas grand chose »   BRICE GUYART, double champion olympique, éliminé en qualifications hier à Paris, cherche à se réinventer pour revoir les JO.

> Article du 29 janvier 2012 : « Une thérapie collective »   Au fond du gouffre après les Mondiaux 2010 à Paris, le fleuret français s’est retrouvé grâce à ses vieux grognards.

> Article du 29 janvier 2012 : « Les Bleus dans l’embouteillage »   Surpris en quarts de finale, les vice-champions du monde du fleuret, cinquièmes, voient la course aux JO se resserrer.

L'Equipe - 2 janvier 2012 - "sur le chemin de l'or olympique"

Sur le chemin de l’or olympique

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Source : L’ÉQUIPE du 2 janvier 2012

Rédacteur : Alexandre Bardot et Aurélien Bouisset

L'Equipe - 2 janvier 2012 - "sur le chemin de l'or olympique"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Z1 Pro-Fencing 2011 - Workshop

Z1 Pro-Fencing de Singapour, dernier épisode

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Source : http://www.escrime-ffe.fr  Rédacteur : Denis Goran Colovic

Les 2 et 3 décembre, Brice Guyart participait à deux compétitions internationales réunissant à Singapour huit des meilleurs fleurettistes au monde. Dernier récit du champion olympique avant son retour sur Paris.

Z1 Pro-Fencing 2011 - Workshop« 3 décembre 2011. Le matin je profite de la piscine au 57e étage de l’hôtel. La vue depuis le « Sky Park » est tout simplement unique. On a réellement l’impression d’être aspiré par les buildings alentours.
Pour bien récupérer de la compétition individuelle de la veille, je prolonge ma matinée de récup’ au SPA : sauna 5mn, douche froide, hammam 5mn, douche froide, jacuzzi 5mn, douche froide et le tour est joué ! J’ai de nouvelles jambes pour attaquer la compétition par équipe le soir même.
À l’affiche : l’Europe contre le reste du monde. Peter Joppich, Richard Kruse, Andréa Baldini et moi tirons Byung Chul Choi, Sheng Lei, Yuki Ota et Gerek Meinhart.
Formule en relais à l’italienne, 4 contre 4, en 16 relais de 5 touches, soit 80 touches pour l’emporter ! Un véritable marathon…
Malgré un salut plein de défiance afin de déstabiliser nos adversaires – nous les menaçons avec nos fleurets en criant « sorry guys but tonight the world is not enough ! » – nous commençons mal la rencontre.
12-20 après le 4e relais, puis 21-35 après le 7e… L’équipe « world » est agressive, sur chaque touche ils crient, les vidéos sont utilisées à outrance, nous comprenons très vite qu’ils ne sont pas là pour jouer. Eh oui, ici à Singapour ils sont en quelque sorte à domicile. Et le public est à fond derrière eux !
Il a fallu attendre les 4 derniers matchs pour que la rencontre bascule : nous passons ainsi le dernier relais à Peter sur le score de 74-72. Lei est en face. Fidèle à sa réputation de finisseur, Peter met la dernière touche, victoire 80-79 à la mort subite. « Exciting » !
On a bien rigolé tous ensemble, les encouragements de chacun dans la langue de l’autre étaient à mourir de rire.
De plus, toute l’année nous nous affrontons dans des matchs intenses où l’enjeu prime, c’était donc agréable de se laisser prendre au jeu, ici, dans cette rencontre unique.
Pour preuve, à 79-79 « Baldo » m’attrape le bras et me dit en « françalien » : No mais là j’ai vraiment envie qué nous le gagne questo matché, allez Peter allez, s’il te plait ! »

Photo d’ouverture, et les 3 photos ci-dessous : Brice Guyart en pleine séance de travail, organisée en faveur des jeunes escrimeurs. Au programme, révision et application des fondamentaux, duels du champion face
à chacun des 30 élèves et explications techniques au micro.

Z1 Pro-Fencing 2011 - Workshop

Z1 Pro-Fencing 2011 - Workshop

Z1 Pro-Fencing 2011 - Workshop

 

 

 

 

 

 

Marina Bay Sands

 

 

Moment de poésie en baie de Singapour.
Deux arc-en-ciel juste avant de monter sur la piste, c’est un bon signe !

 

 

Z1 Pro-Fencing 2011

 

 

Moment de frime en Maserati, sponsor du « Z1 Pro-Fencing », pour
Andrea Baldini, Peter Joppich et Brice Guyart !

 

 

Piscine au 57ème étage du Marina Bay Sands Hotel

 

 

Moment de plénitude dans la piscine située au 57e étage de l’hôtel !

Z1 Pro-Fencing 2011

Z1 Pro-Fencing de Singapour, épisode 3

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Source : http://www.escrime-ffe.fr  Rédacteur : Denis Goran Colovic

Brice Guyart participe à une compétition internationale réunissant à Singapour huit des meilleurs fleurettistes au monde. Le double champion olympique nous fait vivre son quotidien.Z1 Pro-Fencing 2011

« 2 décembre 2011. Place à la compétition individuelle aujourd’hui. Let the « Duel at the Marina » begins ! Formule en 2 manches de 5 touches et la belle en 1 touche à la mort subite.
« Prize Money » : 5-8e 1000 USD, 3e 2000 USD, 2e 3000 USD, 1er 5000 USD.
Les quarts de finale :
▪ Andrea Baldini (Ita) vs Gerek Meinhart (USA)
▪ Lei Sheng (Chi) vs Ota Yuki (Jap)
▪ Peter Joppich (All) vs Brice Guyart (Fra)
▪ Richard Kruse (Gbr) vs Byung Chul Choi (Cor)
Je gagne mon match contre Peter 5-3 5-3. Beaucoup d’engagement des 2 côtés, rencontre sympa à tirer, avec quelques actions spectaculaires qui ont fait monter l’ambiance dans les gradins !
Puis je m’incline sur Richard Kruse (5-2 1-5) en prenant la touche à la mort subite. « Bad beat »…
Richard a su imposer son rythme sur la 2e manche, sans me laisser le temps de m’exprimer.
Résultat final : 1-Baldini, 2-Kruse, 3-Lei et Guyart, 5 à 8-Meinhart, Ota, Choi et Joppich.
Une belle soirée, avec du spectacle et de l’engagement, encouragée par plus de 800 spectateurs. La compétition s’est achevée par une séance d’autographes et de photos avec tous les jeunes escrimeurs et leurs parents ».

Photo ouverture : l’Italien Andrea Baldini remporte l’édition 2011 du Z1 Pro-Fencing et le chèque de 5000$ qui va avec !

Z1 Pro-Fencing 2011

 

 

Brice Guyart en plein séance d’autographes,
en compagnie des sept autres protagonistes du « Z1 Pro-Fencing » 2011.

 

 

Z1 Pro-Fencing 2011

 

 

Les huit fleurettistes entourent l’organisateur du « Z1 Pro-Fencing », l’Allemand Ralf Bissdorf.

 

Brice Guyart

L’Europe défie le monde à Singapour

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Brice Guyart

Le fleurettiste du Lagardère Paris Racing, Brice Guyart, participe au « Z1 Pro-Fencing » 2011, les 2 et 3 décembre dans la spectaculaire marina de Singapour

Source : http://www.escrime-ffe.fr  Rédacteur : Denis Goran Colovic

Les organisateurs du « Z1 Pro-Fencing » ont vu les choses en grand.
Cette manifestation totalement privée réunit dans la « ville jardin » un plateau de choix avec huit fleurettistes internationaux cumulant quelque 90 médailles olympiques, mondiales, européennes et asiatiques !
Deux temps forts vont marquer cette semaine consacrée à l’escrime.
Le « Duel à la Marina » du vendredi 2 décembre oppose huit fleurettistes dans une compétition à élimination directe.
Brice Guyart, seul Français présent à Singapour, sera accompagné de Peter Joppich (All), Andréa Baldini (Ita), Lei Sheng (Chi), Yuki Ota (Jap), Byung Chul Choi (Cor) et Gerek Meinhardt (USA) pour tenter de détrôner le vainqueur de l’édition 2010, le Britannique Richard Kruse.
Le 3 décembre, place à une compétition par équipes qui vaudra largement le déplacement.
Les quatre tireurs européens (Baldini, Joppich, Kruse et Guyart) défient une sélection mondiale composée de Sheng, Ota, Choi et Meinhardt.
Le « Z1 Pro-Fencing » est également l’une des plus grandes compétitions de jeunes du sud-est asiatique, regroupant des escrimeurs des catégories poussins à cadets.
Pour que ces jeunes pousses puissent s’inspirer de leurs champions, les organisateurs ont donc mis en place, mercredi 30 novembre, des ateliers de rencontre et de discussion.
Chaque « star » du fleuret a donc l’occasion de manier la langue de Shakespeare devant un parterre de gamins avides de conseils et d’anecdotes.

Les 2 et 3 décembre, Brice Guyart représentera la France au « Z1 Pro-Fencing » de Singapour.

Photo : Fred Porcu / Icon Sport

Podium Equipe de France - Fleuret

L’argent du labeur

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Source : http://www.escrime-ffe.fr

Rédacteur : Denis Goran Colovic

L’équipe de France de fleuret hommes perd contre la Chine en finale des championnats du monde d’escrime de Catane 2011 (44-45) malgré une remontée fantastique d’Erwann le Pechoux.

En prenant le 9e et dernier relais face à Lei Sheng à 35-40, Erwann Le Pechoux a embrassé sa bague et tapé deux fois le pied au sol, comme il a l’habitude de le faire en compétition.
Face à lui, l’ex n°1 mondial de la discipline sait qu’il lui suffit de dérouler pour marquer les 5 touches qui séparent son équipe d’un titre mondial, le deuxième d’affilée après celui obtenu face à l’Italie aux mondiaux de Paris.
Mais Lei ne sait pas qu’il a face à lui un sacré numéro.
Un homme qui, sur l’Allemagne en demi-finale, a marqué 17 touches et en a concédé 1 seule !
Un homme qui, du haut de ses 170 centimètres, va lui en faire voir de toutes les couleurs.
Ou plutôt d’une couleur, le vert de sa lampe.
Lei Sheng est pourtant le premier en action. Il marque trois fois, pense avoir fait le nécessaire et se relâche. C’est visible à sa façon de se remettre en garde.
C’est le moment qu’Erwann choisit pour « mettre la misère » à son adversaire.
Mené 43-35, Erwann va grignoter point après point pour revenir à égalité en marquant, à 7 secondes de la fin, la 44e touche synonyme de mort subite !
Erwann se jette sur Lei mais ce dernier est le plus prompt à toucher.
La Chine double son titre mondial, la France gagne l’argent, la seule couleur qui manquait à sa collection sicilienne.
Un argent qui ne plaît pas aux Français, le visage grave à la descente du podium.
Mais un argent qui récompense un si dur labeur.

Le tournant du match
C’est au 8e relais que le match bascule en faveur de la Chine.
Le travail conjugué de Marcilloux, Sintès et le Pechoux permettent à la France de mener de 2 touches, grâce notamment à un beau 7e relais de Marcel (4-2 et 31-29) sur Zhang.
Mais Victor Sintès, impeccable toute la journée, va prendre l’eau sur Ma (4-12 et 35-41).
Au 9e et dernier relais, Erwann le Pechoux entre en piste. La suite est connue.

Le parcours des Français

16e de finale
▪ France – Sierra Leone : Victoire de la France (forfait)

8e de finale
▪ France – Israël : 45-33

Quart de finale
▪ France – Russie : 45-40

Demi-finale
▪ France – Allemagne : 45-36

Finale
▪ France – Chine : 44-45

Victor Sintès, Marcel Marcilloux, Erwann le Pechoux et Brice Guyart ont réalisé la compétiton presque parfaite.

Erwann Le Pechoux et Victor Sintes

 

 

 

Toute la détresse d’Erwann et Victor juste après la 45e touche des Chinois. Un moment pénible, partagé une fois de plus entre potes.

 

 

 

 

Erwann Le Pechoux face au chinois Lei Sheng

 

 

 

Erwann le Pechoux aura tout fait à Lei Sheng, jusqu’à le rendre presque chèvre ! Il aura manqué au Français ce brin de réussite qui a basculé dans le camp du Chinois.

 

 

 

 

Sur le podium, la joie des Chinois tranche avec la tristesse des Français.
Les fleurettistes de maître Stéphane Marcelin n’ont pourtant pas à rougir de leur médaille.
Si l’arbitrage avait été plus en phase avec l’importance de l’événement, c’est la France qui afficherait un large sourire.
Une fois la frustration passée, les vice-champions du monde 2011 vont mesurer la portée de leur médaille d’argent, notamment dans la course à la qualification olympique.

 

 

Photos : Fred Porcu / Icon Sport

Escrime fleuret - Vice champion d'Europe à Sheffield 2011

Des gars vraiment bien

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Source : http://www.escrime-ffe.fr

Rédacteur : Denis Goran Colovic

L’équipe de France de fleuret hommes a remporté la médaille d’argent à Sheffield, mettant ainsi fin à quatre années de disette. Entretien avec les vice-champions d’Europe 2011.
C’est une bande de potes. Vous savez le genre de gars avec qui vous avez envie de passer du temps, boire un verre ou déconner. Attablés au restaurant du Mercure, ils passent leur journée en revue tout en sirotant une coupe de champagne. Je m’avance. Ils m’accueillent, en toute simplicité.
Erwann, Victor et Marcel font de Brice leur porte-parole. Le double champion olympique cherche ses mots, trouve la bonne formule : « Notre équipe a de la gueule et notre médaille n’en a pas moins » ! (Référence à l’article de la sélection officielle, Ndlr)
« Aujourd’hui, nous étions en confiance, poursuit Brice. Une confiance réciproque avec le maître. Il n’y avait que des gens positifs autour de nous. Ça fait du bien ». Marcel prend la parole : « La course à la qualification olympique, on l’a mise de côté, on n’y a pas pensé du tout ». Victor enchaîne : « On voulait sortir de cette atmosphère de pression qui pèse sur chacun de nous. Enlever cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes ».
L’article sur la course à la qualification olympique n’a pas été apprécié dans les rangs des escrimeurs, loin s’en faut. Les fleurettistes le soulignent, mais ne s’attardent pas.
« Le but de notre sport, c’est de chercher des médailles », dit Brice. « Et quatre ans sans médaille, c’est long » fait remarquer Erwann. Brice reprend : « Dans notre délire, on avait prévu de faire les idiots sur le podium (voir photo ci-dessous). Mais encore fallait-il y être ! Pas besoin de se prendre au sérieux pour être pro » ! Le poncif était inévitable, mais il résume parfaitement l’état d’esprit collectif.

La clef, c’est la confiance
Un collectif qui croit en ses capacités car personne, au sein de ce groupe, n’a oublié les années fastes. Les trois titres mondiaux obtenus de 2005 à 2007. Á l’époque, la France dominait la planète fleuret, comme l’Italie le fait aujourd’hui. « Les Italiens ont la confiance qu’on avait en 2007 », remarque Erwann. « Pour retrouver notre niveau de 2007, il suffit de gagner toutes les compèts » dit Victor. Dit ainsi, ça semble simple.
Pour ce faire, le groupe doit avoir une confiance inébranlable. « Ça fait un moment qu’on sent que ça peut le faire, avance Brice. On a pris le temps de se parler, de s’écouter ». « Le maître a souligné nos points faibles et nos points forts. Ça fait du bien de savoir qu’on a confiance en toi, même si certains mots étaient durs », confie Marcel.
Brice ajoute : « On a ressenti la confiance du maître, il y a eu beaucoup de remise en question. Tout le monde a fait plus d’un pas vers l’autre ». Puis il a cette formule qui en dit long sur le ciment qui les lie : « de quatre égos, tu passes à un seul, collectif et solidaire ».
Marcel note : « Beaucoup de gens ont pensé qu’on n’y arriverait plus. Notre statut a changé, le regard des gens aussi. Nous, on a continué à se faire confiance ». Brice poursuit : « On a montré aujourd’hui que les choix étaient les bons. Le coaching était parfait, la tactique bonne ». Victor ajoute : « Il nous faut poursuivre dans cet état d’esprit ».
Oui, suivre la route ensemble les gars, unis et solidaires. Jusqu’à Londres.

Escrime fleuret - Vice champion d'Europe à Sheffield 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour avoir le droit de délirer sur le podium, les fleurettistes devaient d’abord l’atteindre.
C’est chose faite avec cette belle médaille d’argent obtenue après 4 années de disette.

Escrime fleuret - Vice champion d'Europe à Sheffield 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : Fred Porcu / Icon Sport

London 2012

SOS…

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London 2012J’ai le bonheur d’avoir connu l’équipe de France d’escrime à son apogée. Mais à présent, je suis inquiet.
Nous ne faisons plus peur, nous ne surprenons plus. Ou plutôt si, nous nous surprenons à perdre des matchs largement à notre portée. Avec en prime le sentiment de ne pas avoir livré le combat attendu ou pire d’avoir frôlé le « hors sujet ».

Où est passée cette force, cette aura, que de nombreuses grandes nations de l’escrime nous enviaient ?

Il règne sur les équipes de France une forme de lourdeur. La qualification olympique a commencé et avec elle semble s’être abattu un poids sur nos épaules. Les esprits des entraîneurs, eux aussi, semblent parasités, tendus… C’est comme si la peur d’une non qualification diffusait à travers les différentes strates de notre « collectif », et irradiait les athlètes d’ondes négatives.

Nous perdons peu à peu le sens du mot sérénité. Nous subissons. Nous trahissons notre âme aussi, nous jouons moins. Ça ne rigole plus… « Sérieux » est devenu le nouveau mot d’ordre, pour se protéger, ne pas se louper, ou peut être par peur d’être jugé.

Compétition après compétition, chaque arme – avec ses athlètes et son entraîneur – cherche sa voie. Une fois la journée terminée, on fait les comptes, on remet en question, on juge : l’entraîneur, l’entraînement, les athlètes, leur mental et leur combativité, l’état d’esprit général, etc. De retour à l’INSEP, c’est la même histoire : les ajustements se font au jour le jour sans prendre suffisamment de hauteur ni tenter de réfléchir à une approche globale. Chacun dans sa salle espérant que la prochaine compétition sera celle de la délivrance. Mais les bonnes surprises se font rares et en cas d’insuccès la norme est hélas souvent le délaissement et l’isolement. Et la pression sur les athlètes n’en est que plus forte.

Stop, il est temps de donner une place de choix à la notion de management des équipes, de s’inscrire dans une démarche stimulante et motivante visant à harmoniser le collectif et optimiser la performance.

 

Quelles solutions alors ? Comment retrouver sérénité, créativité, esprit du jeu et goût du risque ?

  • Changeons nos habitudes, soyons curieux et dans la recherche afin d’alimenter notre créativité.
  • Ouvrons-nous aux autres, échangeons avec les athlètes et entraîneurs d’autres sports, d’autres nationalités ; favorisons le partage d’expérience.
  • Concilions perspective à long terme (ie la qualification olympique) et réalisme (ie gagner des médailles dès les prochains championnats).
  • Cassons le confort et la routine : en mutualisant les entraînements avec et entre toutes les armes, dans le cadre d’une base commune de préparation physique par exemple ; ou en pratiquant d’autres sports de combat pour endurcir notre état d’esprit.
  • Faisons preuve de souplesse et patience afin de renforcer notre capacité d’adaptation aux imprévus.
  • Valorisons nos points forts, nourrissons nous de confiance et de valeurs positives.
  • Enfin et surtout, plaçons l’humain au cœur de notre projet, démocratisons l’individualisation de l’entraînement, en considérant l’athlète dans son ensemble (vie sportive, professionnelle ou étudiante, et privée).

Dans une perspective à plus court terme, pourquoi ne pas s’appuyer sur l’expérience d’anciens sportifs : SOS… Il nous manque un capitaine. Un homme, une femme, qui nous apporterait sérénité et légèreté. Une force tranquille, libre, rayonnante d’énergie.

A y réfléchir, nous en connaissons. L’escrime les a révélés. Je pense à des champions comme Fabrice Jeannet, Adeline Wuillème.

Leur rôle pourrait être ponctuel en amont ou lors d’un grand rendez-vous. Leurs initiatives pourraient être animer, motiver, soutenir, rassembler les athlètes et leurs entraîneurs, et ce afin de ramener fraîcheur et spontanéité dans les échanges. Favorisant le partage au sein de la délégation, leur présence diminuerait le cloisonnement entre athlètes, entraîneurs, staff fédéral et médical. L’idée est de renforcer notre collectif et retrouver un véritable esprit d’équipe.

Ces personnalités bénéficient de 2 avantages certains :

  • Ils sont suffisamment proches de nous pour être à l’écoute et nous comprendre.
  • Ils sont désormais détachés de la vie fédérale et de tout lien de subordination qui pourrait orienter leurs actions et susciter de quelconques conflits d’intérêts.

 

Il n’y a pas de recette miracle, je le sais. D’autres moyens d’actions sont possibles. Mais ce genre d’initiative ne contribuerait-elle pas à la remise en question qu’il nous est encore temps de mener ?

Fab, Didine, qu’en pensez-vous ? Et vous frères et sœurs d’armes ?

Fleuret hommes : la sélection pour Sheffield et Catane

Fleuret hommes, la sélection pour Sheffield et Catane

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Source : http://www.escrime-ffe.fr

Rédacteur : Denis Goran Colovic

Fleuret hommes : la sélection pour Sheffield et Catane

Guyart (FRA) vs Choi (KOR) - Shanghai 2011 - S. Timacheff / FencingPhotos.com

Blessure de guerre

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Guyart (FRA) vs Choi (KOR) - Shanghai 2011 - S. Timacheff / FencingPhotos.com

Guyart (FRA) vs Choi (KOR) - Shanghai 2011 - S. Timacheff / www.FencingPhotos.com

J’ai mal… Aujourd’hui se sont déroulés les championnats de France de fleuret par équipe à Valence. Juste après la fin de nos matchs, j’ai quitté précipitamment la salle et suis rentré en TGV, direction Paris. A l’arrivée : le RER, ses couloirs austères et ses escalators en pannes. Et moi seul, boitant avec mes armes dans la housse. Comme un guerrier meurtri après une bataille sans cause et sans gloire, celle de trop en somme.

Avec notre équipe du Lagardère Paris Racing, nous avons gagné nos 3 matchs. Génial ! Pas évident… Nous ne sommes pas 1er, nous finissons 5ème de Nationale 1. Nous étions uniquement là pour des matchs de classement entre la 5ème et la 8ème place. Ça c’est du sport ! S’engager sur une journée de compétition tout en sachant que mathématiquement on ne peut pas la gagner, vraiment là je ne vois pas le projet…

J’ai mal. Ce sont mes premiers mots. Dans ce contexte, plus qu’aberrant, l’objectif pour moi était de rechercher du plaisir avant tout. Pas le plaisir de la victoire, vous l’aurez compris, mais le plaisir du jeu. Le jeu avec et contre l’autre.

Aujourd’hui j’ai atteint cet objectif. J’ai eu la sensation d’être détendu, relâché, aérien et léger. Et au fond de moi surtout très joueur.

Mais voilà, l’épée de Damoclès est tombée. Sur mon avant dernier relai de la journée, lors d’une phase d’attaque, la douleur est survenue. Mesquine et sourde, fidèle à son caractère originel… Je sens la légèreté me quitter. Adducteurs de la cuisse gauche touchés. Dommage, il me restait un dernier match contre Patrice Lhotellier, 11 ans après notre médaille d’or gagnée ensemble aux J.O. de Sydney 2000.

J’entends ça et là : « Ne t’inquiète pas, c’est sûrement une contracture, tu n’as pas pu te déchirer comme ça… » Je ne peux écouter. La sentence tombera demain, noir sur blanc, via le diagnostic fidèle de l’écran « minitelisé » de l’appareil d’échographie.

J’ai mal. Ce sont mes premiers mots. Je suis mal. Ce sont mes derniers maux…

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