chroniques
Je t’aime, moi non plus
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Ces Mondiaux 2010 ont bénéficié d’une couverture médiatique sans précédent. Effet Grand Palais sans doute. Mais pour les escrimeurs français, peu habitués à être ainsi exposés, le risque de se retrouver la tête sous l’eau était énorme. Certaines contre-performances l’ont montré, me semble-t-il.
Difficile d’affronter les médias sans y être préparé. Je me souviens encore de mon premier succès en Coupe du monde, en 2000 à Paris. Une victoire qui a propulsé le junior que j’étais aux Jeux de Sydney où j’ai ensuite obtenu ma première médaille d’or olympique.
Ce jour-là, j’en ai pris plein la tête ! Photos, micros, caméras… D’un coup, j’étais important. Tout le monde me félicitait, me parlait, me posait des questions. Ils voulaient du « croustillant ». Je devais répondre tout de suite, sans réfléchir.
Rapidement, je me suis senti observé, épié, piégé. Mais avec le temps, j’ai compris que l’exploit n’existe pas dans l’esprit des gens tant qu’il n’est pas relayé médiatiquement. Ce « Je t’aime, moi non plus », un peu pervers, n’est rien d’autre qu’une relation professionnelle où de forts intérêts sont en jeu. Image du sportif d’un côté, objectifs de vente de l’autre. Le décalage est total entre l’athlète exténué, vainqueur ou vaincu, à l’issue de son match et le journaliste avide de petites phrases et toujours pressé.
Pourtant, en tant que lecteur, moi aussi, j’aime connaître les coulisses et le dessous des cartes. Or, si le reporter ne trouve pas sa matière auprès de l’interviewé, il se tournera vers quelqu’un d’autre. Ou, pire parfois, cherchera et trouvera ce qui dérange. Sales polémiques…
Arrêtons donc les phrases toutes faites. Les « J’ai rien lâché », les « J’étais comme sur un nuage », ou les « Demain est un autre jour ». Qui veut encore lire cela ? Mon passage, même furtif, du côté obscur, me l’a confirmé : vivons avec, travaillons en amont, soyons pro, attractifs en somme !
Article du quotidien L’ÉQUIPE du 14-11-2010 | Auteur : Brice
Médaille ou diplôme ?
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Les Mondiaux s’achèvent aujourd’hui dans l’écrin du Grand Palais. Cette fête éphémère ne doit pas être un trompe-l’œil. Elle ne doit pas masquer la réalité dans laquelle les escrimeurs vivent au quotidien. Les escrimeurs, mais aussi l’ensemble des sportifs n’appartenant pas au monde du sport business.
Moi, j’ai compris très tôt que je ne vivrais pas de l’escrime. Le « double projet », sport-études, dont les politiques parlent si souvent, je l’ai vécu. Mais en aucun cas choisi. Comme d’autres athlètes de haut niveau, j’ai connu les sandwichs avalés dans le métro entre mes cours et la salle. Et les entraînements galères. J’ai connu aussi les polycopiés et les notes passés par des camarades compréhensifs dans mon école d’ingénieur. Mais pas le choix si l’on veut éviter la « petite mort » en fin de carrière.
Aussi, j’ai souvent envié le sort de certains tireurs étrangers.
En Italie, un escrimeur titré vit de son sport. Médias et sponsors se sont emparés de cette discipline pourvoyeuse de médailles. De plus, la plupart disposent d’un emploi réservé dans l’administration, l’armée ou la police. Issus d’un milieu souvent aisé, ils tirent uniquement par passion.
D’autres voies existent. La Russie ou la Chine, par exemple, ont opté pour un système étatique. La vie du sportif est dédiée à l’entraînement et à la performance. Ils conditionnent sa qualité de vie et celle de toute sa famille. De l’or aux Jeux pour un Russe, c’est 500 000 €. Un zéro de plus qu’en France ! Mais sans résultats, c’est la porte de sortie.
Les Américains, eux, s’appuient sur le secteur privé et leur sport universitaire pour tirer le meilleur de leurs athlètes.
J’ignore où se trouve la formule idéale. Mais si une véritable avancée, en terme d’organisation des études pour les sportifs de haut niveau français, pouvait voir le jour, ce serait la plus belle des médailles d’or.
Article du quotidien L’ÉQUIPE du 13-11-2010 | Auteur : Brice
Imbroglio au Palais
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J’aime mon sport, mais j’avoue ne pas en être trop fier aujourd’hui. Une victoire acquise sportivement et contestée par le perdant en raison d’un point de règlement obscur choque le compétiteur que je suis. Mais la difficulté des responsables de l’escrime internationale à faire face, soudain, à une telle situation m’afflige plus encore. Que s’est-il donc passé hier soir à la fin d’Italie-Chine ? Le Chinois Lei Sheng et l’Italien Andrea Baldini touchent quasi simultanément. L’arbitre doit donner sa décision. Dans l’euphorie, le banc chinois, sûr de la victoire, se précipite vers Lei Sheng. Carton jaune pour envahissement de la piste. Puis l’arbitre accorde la touche.
Colère de l’entraîneur italien Stefano Cerioni qui, s’appuyant sur le règlement, réclame son annulation. Au pied de la lettre, il a peut-être raison. Reste que les minutes passent, l’imbroglio s’épaissit. La réponse finale devrait intervenir aujourd’hui, à la suite d’une contestation officielle italienne. Mais je retiens surtout que cela s’est déroulé sous les caméras de télévision. Image d’un amateurisme désastreux au moment où notre sport se trouve sous le feu des médias.
Je comprends que l’on se batte pour défendre les intérêts de son équipe. C’est le boulot de Cerioni. Mais, à un moment, il aurait pu trouver une sortie honorable en décidant de laisser la victoire aux Chinois. Au lieu de quoi, la mascarade d’hier va sans doute faire l’objet d’un sale “ buzz ” sur le Web. Tout cela parce que personne n’a su dire vite et précisément où était le vrai dans cette affaire.
Au final, les retransmissions télévisées ont pris du retard. France Télévisions a rendu l’antenne sans que le public sache qui avait gagné ou perdu. La série FBI : portés disparus a embrayé. Alors que la médaille du fleuret masculin était, elle aussi, portée disparue.
Article du quotidien L’ÉQUIPE du 12-11-2010 | Auteur : Brice
Forza Italia !
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C’est une évidence. Le fleuret italien est fort. Très fort. Trop fort, diront certains. À la fin de chaque compétition majeure, c’est toujours le même hymne qui résonne. Le compétiteur que je suis déteste le reconnaître, mais l’Italie domine tout simplement dans mon arme. Chez les hommes comme chez les femmes. À chaque saison, de nouvelles têtes apparaissent dans la Squadra. Des tireurs juniors et même des cadettes chez les filles. Certains intègrent en une seule saison le top 10 mondial ! Quel est leur secret ?
À l’inverse de ce qui se fait en France, leurs rassemblements d’entraînement regroupent, chaque trimestre, les meilleurs mais aussi des garçons et des filles de tous âges. Certains dont je ne connais même pas le nom !
Au contact de tireurs riches de multiples titres internationaux et médailles olympiques, comme Valentina Vezzali ou Salvatore Sanzo, ils apprennent très vite la réalité du haut niveau. Leur formation s’enrichit dans ce type de rassemblements décloisonnés, mais aussi grâce à la gestion de leur circuit de compétitions nationales.
Contrairement à nous, là encore, les Italiens organisent peu de compétitions dans les petites catégories. Ils mettent avant tout l’accent sur la maîtrise d’une très large palette technique. En France, j’ai le sentiment que nous nous dépêchons d’enseigner trois ou quatre coups efficaces aux jeunes. Ils brillent tôt, mais c’est souvent sans lendemain. Le passage chez les seniors est parfois brutal et les conséquences peuvent être durables. En 2007 à La Havane, lors d’une Coupe du monde qualificative pour les Jeux de Pékin, j’arrive en demi-finales, persuadé d’être affûté. J’affronte Andrea Baldini. Je connais bien les erreurs techniques à éviter. Cauchemar ! Il m’inflige un véritable récital. Je me sens totalement à la rue. Andrea me bat 15-3 !
Invincibles, ces Italiens ? Sans doute pas, mais à condition de débrancher parfois son cerveau et s’abandonner à son instinct. Accepter la baston. Le plaisir du jeu en somme.
Article du quotidien L’ÉQUIPE du 11-11-2010 | Auteur : Brice
C’est qui le taulier ?
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L’équipe lui pardonnera toutes ses défaillances. À condition de porter la dernière touche. S’il échoue, on oubliera tous ses bons relais avant ! Le collectif tout entier fait monter le score jusqu’à quarante-quatre. Mais la quarante-cinquième, l’ultime, c’est celle du taulier. Mettre la dernière, c’est son devoir !
Le profil type du finisseur ? Il n’y en a pas. En tout cas, ce n’est pas forcément le meilleur tireur. Exemple : Championnats du monde à Nîmes en 2001. Un vieux briscard médaillé aux Jeux d’Atlanta 1996 (Franck Boidin), un soliste flamboyant (Jean-Noël Ferrari), le numéro 1 français de l’époque (Loïc Attelly) et puis un gamin de vingt et un ans tout juste sorti des juniors. Le finisseur ? Le jeune poulet !
Pourquoi l’entraîneur Patrice Menon me confie-t-il alors ce rôle lors de la demi-finale contre l’Allemagne ? À cause de mon insouciance peut-être. À quarante-quatre partout, j’ai une petite seconde pour puiser espoir, énergie et rage dans les regards des copains sur le banc. Je me mets en garde. Venue des tribunes, j’entends une voix : “ Il va descendre la main ! Donne, retire tout. ” Et pan ! C’est la voix de Patrice Lhotellier, coéquipier décisif aux Jeux de Sydney en 2000 quand nous avons obtenu l’or. À ce moment, pas de place pour le doute. Ma confiance en lui et mon instinct guident ma décision. “ Je vais la mettre. ” C’est clair dans ma tête. “ En garde ! ” “ Prêt ? ” “ Allez ! ” La quarante-cinquième est rouge. J’ai gagné. On a gagné.
Hier à Paris : les sabreurs français, champions olympiques à Pékin en 2008, et leur finisseur incontournable Nicolas Lopez. À quarante-quatre, face à la Biélorussie, il connaît sa mission et le rôle implacable du taulier. Qu’a-t-il manqué à “ Nico ” ? Difficile à dire. Un choix d’action judicieux, une voix, un zeste de rage, un brin de légèreté… C’est un finisseur triste et essoufflé qui, plus tard, s’est présenté devant micros et caméras. Avec l’image de celui qui, cette fois, s’est arrêté à quarante-quatre.
Article du quotidien L’ÉQUIPE du 10-11-2010 | Auteur : Brice
Mon meilleur ennemi
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Ce sont toujours de sales matches ! Jamais évident à aborder. Quand les tireurs sont non seulement de la même nationalité, mais surtout amis dans la vie. Chacun sait d’avance que le plaisir ne sera pas de la partie. La victoire n’est pas toujours belle ! La France a vécu deux de ces matches fratricides hier, même s’ils se sont déroulés dans des circonstances différentes. Dès les seizièmes de finale, Laura Flessel et Hajnalka Kiraly connaissaient tout du cauchemar qui les attendait. L’une d’elle serait éliminée quasiment d’entrée ! Et l’autre n’aurait aucune certitude sur son avenir… Leur duel, tout en retenue, m’a paru surtout inspiré par la crainte de perdre plutôt que l’envie d’aller plus loin. Quelle frustration a dû ressentir « Honi » après avoir mené tout au long du match et plié à la dernière touche !
Mais que dire alors quand il s’agit d’un duel en quarts, synonyme pour l’un de médaille assurée et pour l’autre de relégation au pied du podium ? C’est moche ! Mon pote Loïc Attelly et moi avons vécu cela aux Mondiaux en 2003 à La Havane. Je l’avais battu, mais que de sentiments mitigés. D’abord, une joie égoïste, instinctive, animale. Quel bonheur d’être sûr d’une médaille. Et quel luxe de pouvoir en améliorer le métal. Mais très vite, en observant l’autre, j’ai vu un ami abattu. Un pote conscient de ne pas avoir livré le combat accroché qu’il fallait. J’ai senti une forme de culpabilité. « C’est moi qui ai causé cette souffrance ! »
Curieusement, un tel duel fratricide en demi-finales est moins cruel. L’un obtient de toute façon un lot de consolation avec le bronze. L’autre peut rêver d’or. L’épée hommes nous en a offert un bel exemple, hier soir. Gauthier Grumier n’a eu aucune hésitation quand il s’est agi de priver Jean-Michel Lucenay d’une place en finale.
À Cuba, mon entraîneur avait dû intervenir pour arracher le doute de ma tête et m’aider à me projeter au-delà. Je m’étais finalement contenté du bronze, Gauthier, lui, a obtenu l’argent.
Article du quotidien L’ÉQUIPE du 09-11-2010 | Auteur : Brice
Gagner à l’infini
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Quatre titres mondiaux pour Peter Joppich. Et peut-être trois pour Laura Flessel, ce soir. C’est monstrueux ! J’ai toujours été surpris par la capacité de certains tireurs à entretenir et surtout à renouveler leur motivation tout au long de leur carrière. Pour ma part, après mon titre olympique individuel en 2004, j’ai traversé une longue période de blues. Plus envie de souffrir à l’entraînement. Plus envie d’escrime. Plus envie de gagner. Juste le désir de prolonger ce rêve que je venais de réaliser.
J’ai donc menti. Et je me suis menti à moi-même. Impossible d’accepter l’idée de ne plus avoir envie de gagner. J’aimerais tellement partager le secret de ces champions jamais rassasiés. Continuer à rêver d’or, oui. Mais comment faire pour que le quotidien ne se mette pas en travers ?
Tout ce qu’il implique de temps, d’investissement, d’efforts, on l’accepte en début de carrière, quand tout est nouveau, à découvrir et à construire. Mais une fois qu’on est au sommet, ce quotidien peut devenir pesant. Surtout quand le corps commence à dire stop ! Quand il me fallait près d’une heure pour strapper mes genoux au cartilage abîmé, j’ai songé à arrêter. Ce qui sauve ma motivation ? Le fait de chercher ailleurs, de trouver dans la boxe, par exemple, une autre forme de préparation physique que je tente d’adapter à mon jeu d’escrimeur. Après tout, peut-être est-ce là le secret : savoir ajouter une dose de qualitatif et de ludique dans la nécessaire rigueur de l’entraînement. Et redécouvrir le plaisir de jouer, pour retrouver celui de vaincre. À sa façon, Laura a su négocier ce virage, en adaptant son jeu et ses ambitions pour faire de ces Mondiaux à Paris un nouveau défi à la taille de la « Guêpe » !
Article du quotidien L’ÉQUIPE du 08-11-2010 | Auteur : Brice
Demain est un autre jour…
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Après une journée décevante, quel peut être l’impact sur les autres tireurs venus encourager les copains ? La défaite de coéquipiers, notamment de certains piliers, effraye souvent. Et ouvre la place au doute chez ceux qui sont encore en lice.
Pour l’avoir déjà ressenti, la psychose du « si lui ou elle a échoué, cela pourrait bien m’arriver aussi », vient automatiquement à l’esprit. Si on ajoute à cela l’appréhension du championnat à la maison, il y a de quoi être tétanisé.
Les plus expérimentés auront repéré les fautes à éviter pour ne pas revivre l’échec de leurs camarades. Et sauront laisser éclater leur révolte : « Pas le choix, je dois tout lâcher ! »
Instinctivement, je serais aussi aller échanger avec les déçus. Dans ce contexte si particulier du Grand Palais, comment ont-ils géré la luminosité, le vide au-dessus de leurs têtes ? J’aurais aimé qu’ils m’expriment leur ressenti quand ils sont entrés sur la piste. Car je n’aurais pas pu me mentir en minimisant la grandeur du lieu.
Certains choisiront l’option du « demain est un autre jour ». Je déteste cette phrase. Elle est stérile. Car elle sous-entend un jour meilleur à venir, sans vouloir traiter le problème. Mais oublier, ou plutôt masquer sa déception, n’est pas si simple.
Même si le tireur est seul maître de ses émotions, le staff peut jouer un rôle déterminant et aider à briser la spirale négative. Mais lui ne doit pas montrer son éventuel sentiment d’impuissance. L’athlète avant son épreuve a besoin d’un accompagnement positif, d’une impulsion pour gagner ou regagner en sérénité et en confiance.
Le masque sur les visages, la déception, doit s’effacer le plus rapidement possible. Quoi de plus déstabilisant pour un athlète qui entre en lice face au regard inquiet d’un membre de l’encadrement ?
Facile pourrait-on dire, c’est du management ! C’est bien plus complexe, car le sport et ses enjeux décuplent les passions et les émotions. Difficile de les maîtriser et de les faire disparaître…
Article du quotidien L’ÉQUIPE du 07-11-2010 | Auteur : Brice
Mon amie la peur
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« C’est un bon moyen de s’échauffer et de rentrer dans sa compétition. » Cette phrase, je l’ai souvent entendue avant des qualifications. Cette posture, je l’ai moi-même adoptée à l’occasion, quand j’ai parfois craint de sortir par la petite porte.
Posture, voire imposture. Car si tenir ce discours aide à se mettre dans un contexte mental positif, la réalité est plus complexe. Derrière se cache souvent la peur ou, pire, le doute. Comment ne pas songer alors à l’éventualité de l’échec ? Passer une semaine entière dans les tribunes à regarder les autres tirer, à attendre le « par équipes » ? L’horreur !
« Basculer dans sa compétition », oui. Mais sans en sortir prématurément ! C’est justement là où le travail de l’escrimeur doit devenir purement mental. Dans une telle situation de danger, la peur nous aide si elle est contrôlée. La volonté farouche de remporter son duel est l’essence même de notre sport.
Quand l’arbitre dit « Allez ! », l’idée est de s’exprimer, de combattre, d’imposer son style et son escrime. Là, il ne s’agit plus de technique, mais de parvenir à maîtriser nos émotions. Et pour les rescapés des qualifications, assurés de tirer sous la nef du Grand Palais, un nouveau défi débute. Il faut tenter de profiter de l’événement, tout lâcher le jour J.
Adieu la foire sympathique de la Halle Carpentier. Bonjour l’écrasante majesté du Grand Palais.
Pour appréhender ce second challenge, sabreurs et sabreuses ont reconnu les lieux hier. C’est un de ces petits trucs qui peut rassurer. Sentir avant, plutôt que de s’effondrer à l’appel de son nom. Mais, une fois encore, ne pas se laisser inhiber et éviter le hors-sujet exigent de savoir maîtriser la peur qui monte pour en faire une force. C’est beaucoup plus difficile à effectuer qu’une belle parade-riposte. L’escrime est d’abord mentale.
Article du quotidien L’ÉQUIPE du 06-11-2010 | Auteur : Brice
Mon amie la peur
« C’EST UN BON MOYEN de s’échauffer et de rentrer dans sa compétition. » Cette phrase, je l’ai souvent entendue avant des qualifications. Cette posture, je l’ai moi-même adoptée à l’occasion, quand j’ai parfois craint de sortir par la petite porte. Posture, voire imposture. Car si tenir ce discours aide à se mettre dans un contexte mental positif, la réalité est plus complexe. Derrière se cache souvent la peur ou, pire, le doute. Comment ne pas songer alors à l’éventualité de l’échec ? Passer une semaine entière dans les tribunes à regarder les autres tirer, à attendre le « par équipes » ? L’horreur ! « Basculer dans sa compétition », oui. Mais sans en sortir prématurément ! C’est justement là où le travail de l’escrimeur doit devenir purement mental. Dans une telle situation de danger, la peur nous aide si elle est contrôlée. La volonté farouche de remporter son duel est l’essence même de notre sport. Quand l’arbitre dit « Allez ! », l’idée est de s’exprimer, de combattre, d’imposer son style et son escrime. Là, il ne s’agit plus de technique, mais de parvenir à maîtriser nos émotions. Et pour les rescapés des qualifications, assurés de tirer sous la nef du Grand Palais, un nouveau défi débute. Il faut tenter de profiter de l’événement, tout lâcher le jour J. Adieu la foire sympathique de la Halle Carpentier. Bonjour l’écrasante majesté du Grand Palais.
Pour appréhender ce second challenge, sabreurs et sabreuses ont reconnu les lieux hier. C’est un de ces petits trucs qui peut rassurer. Sentir avant, plutôt que de s’effondrer à l’appel de son nom. Mais, une fois encore, ne pas se laisser inhiber et éviter le hors-sujet exigent de savoir maîtriser la peur qui monte pour en faire une force. C’est beaucoup plus difficile à effectuer qu’une belle parade-riposte. L’escrime est d’abord mentale.
Entraineurs autant inhibés que les athlètes…
Difficile d’être serein pour le tireur dans ces conditions…



